Presque tout se répare : une bague à remettre à taille, une chaîne cassée, un fermoir fatigué, une griffe qui a lâché, un or blanc qui a jauni, et même une montre. Le devis est gratuit, il se fait devant vous, et comme tout se fabrique sur place, comptez environ une semaine pour une réparation courante. Voici, cas par cas, ce que nous faisons dans notre atelier du 7e arrondissement de Lyon, ce qui fait varier le prix, et où sont les vraies limites.
Réparer une bague : mise à taille, anneau, griffes
C'est la réparation la plus fréquente, et de loin. Un doigt change avec les années, avec les saisons, avec une grossesse. La bague serre, ou bien elle tourne et menace de partir.
Pour agrandir, deux gestes selon l'écart. Une demi-taille se rattrape souvent en étirant l'anneau au triboulet, sans le couper. Au-delà, nous ouvrons le jonc, nous y insérons un morceau du même or, nous ressoudons, nous limons et nous repolissons. Une fois la pièce finie, la reprise ne se voit pas. Pour rétrécir, c'est le mouvement inverse : on retire de la matière, on rapproche, on ressoude.
Les limites sont nettes. Une bague sertie sur tout son tour, un pavé complet, une alliance à motif continu ne se reprennent que d'une taille environ, parce qu'au-delà le rythme des pierres ou du dessin se casse. Si vous ne connaissez pas encore votre taille, notre guide pour mesurer un tour de doigt vous évitera l'aller-retour.
La chaîne, le maillon, le fermoir
Une chaîne ne casse presque jamais au hasard. Elle cède près du fermoir ou à l'endroit où pend le pendentif, là où le frottement travaille tous les jours. Ressouder un maillon prend quelques minutes de travail, remplacer un fermoir un peu plus, le temps de choisir le bon : un anneau à ressort sur une chaîne fine, un mousqueton sur une maille moyenne, un fermoir à cliquet sur une gourmette ou une maille lourde, qui ne s'ouvrira pas dans une manche.
Voici où nous sommes honnêtes. Sur une chaîne très fine qui a déjà cassé en deux ou trois endroits différents, la soudure tiendra, mais la maille est usée sur toute sa longueur et cédera ailleurs. Nous le disons avant, pas après. Dans ce cas, refondre l'or de la chaîne pour en faire autre chose a souvent plus de sens que de la réparer une quatrième fois.
La pierre qui bouge
C'est le seul cas que nous traitons comme une urgence. Une pierre qui bouge est une pierre qui va tomber, et une pierre tombée se retrouve rarement.
Selon l'état, nous resserrons les griffes une à une, nous en refaisons une entièrement si elle s'est usée jusqu'à devenir trop courte, ou nous reprenons le sertissage. Sur un serti grain, ce sont de minuscules perles de métal qui tiennent la pierre : elles s'écrasent avec le temps et se refont sous la loupe, à la main. C'est exactement le geste que nous faisons pour fabriquer, donc le même que pour réparer.
Le conseil de l'atelier
Faites le test une fois par an : posez le bijou près de votre oreille et secouez-le doucement. Si vous entendez un cliquetis, ou si la pierre bouge sous l'ongle, arrêtez de le porter et apportez-le nous. Une griffe resserrée coûte le prix d'une petite intervention. Une pierre perdue coûte la pierre.
L'or blanc qui a jauni
Ce n'est pas une usure anormale, c'est le fonctionnement normal de la matière. L'or blanc n'est pas blanc : c'est de l'or allié à des métaux qui l'éclaircissent, puis recouvert d'une couche de rhodium très fine, qui lui donne son éclat froid. Cette couche s'use au contact, plus vite sur une bague que sur un pendentif, plus vite sur une main qui travaille.
La remise en état demande quatre gestes, dans l'ordre : retirer l'ancien rhodium, effacer les rayures accumulées, polir, puis rhodier de nouveau. Sauter une étape et l'éclat ne revient pas. Comptez à partir de 25 euros selon la pièce, et tous les deux à trois ans selon le port.
Sur les bijoux que nous avons fabriqués, cet entretien est gratuit, à vie. Vous les rapportez quand vous le souhaitez, nous vérifions les sertissages, nous repolissons, nous rhodions s'il le faut.
Le plaqué or et les pièces fragiles
Nous prenons tout, y compris les bijoux fantaisie et les pièces plaquées, et nous les réparons. Mais nous vous disons ce qui va se passer, parce que c'est plus honnête que de vous rendre l'objet sans commentaire.
Un bijou plaqué est fait d'un métal ordinaire recouvert d'une couche d'or de quelques microns. La chaleur nécessaire à une soudure marque cette couche à l'endroit de l'intervention, et le reste de la pièce continue de s'user normalement. La réparation tient, mais nous ne garantissons pas sa durée, et il n'y a rien à faire contre cela : c'est la matière qui décide, pas le geste.
Même chose pour les alliages non identifiables de certaines pièces fantaisie, qui réagissent mal à la chaleur. Nous intervenons quand la pièce compte pour vous, et il y a souvent d'excellentes raisons qu'elle compte. Nous vous disons simplement où sont les limites avant de commencer, pas après.
Le seul cas où nous vous conseillons de renoncer, c'est quand le coût de la réparation dépasse largement la valeur du bijou et que rien de sentimental ne s'y attache. Là encore, la décision reste la vôtre, avec le chiffre sous les yeux.
Vos montres aussi
Beaucoup l'ignorent en poussant notre porte : nous ne nous occupons pas que des bijoux. Nous changeons les piles, les bracelets et les verres, et nous révisons les montres mécaniques, automatiques et à quartz, y compris les grandes marques.
Le devis est offert, et les révisions sont garanties six mois. Si votre montre s'est arrêtée, ou si le bracelet a lâché, apportez-la en même temps que le reste.
Ce qui fait le prix d'une réparation
Nous ne publions pas de tarifs, et voici pourquoi : deux mises à taille qui se ressemblent n'ont ni le même travail ni le même risque derrière elles. Plutôt qu'un chiffre qui ne voudrait rien dire, voilà ce que nous regardons quand nous établissons un devis devant vous.
- Sur une bague, la largeur du jonc et la quantité d'or à ajouter. Puis les pierres : une émeraude demande beaucoup plus de précaution qu'un saphir, parce qu'elle supporte mal la chaleur, et cela change la manière de travailler.
- Sur une chaîne, le type de maille et la finesse du maillon. Une maille forçat simple et une maille tressée ne se ressoudent pas dans le même temps.
- Sur un fermoir, la taille et le modèle. Un mousqueton coûte plus cher qu'un anneau à ressort, et il tient nettement mieux : nous vous dirons franchement lequel vaut le coup selon la chaîne.
- Sur un sertissage, le nombre de pierres à reprendre et le type de serti. Resserrer une griffe et refaire un pavé complet n'appartiennent pas au même monde.
Le devis est gratuit, il se fait devant vous, à la loupe, et vous repartez avec le prix avant que nous ayons commencé quoi que ce soit.
Réparer, ou transformer
Il existe une troisième voie, et c'est celle que nous aimons le plus. Une bague héritée que personne ne porte, une monture démodée autour d'une belle pierre, de l'or ancien qui dort dans un tiroir : plutôt que de réparer un bijou qui ne sera pas remis au doigt, on peut en faire un autre.
Les pierres se démontent et se remontent, l'or se réemploie. Le bijou change de forme et garde son histoire. Nous racontons comment cela se passe sur notre page réparation et transformation, et sur celle consacrée à la création sur-mesure, puisque c'est le même chemin : un rendez-vous, un dessin, une modélisation, puis la fabrication à l'atelier.
Un bijou fabriqué à la main peut être réparé, ajusté et transformé toute sa vie. C'est ce qui le sépare d'une pièce industrielle : rien n'est jetable, tout peut renaître.
Pourquoi confier son bijou à un atelier
Beaucoup d'enseignes prennent votre bijou au comptoir et l'envoient à un sous-traitant, parfois loin. Cela explique les délais de plusieurs semaines, et le fait que personne ne puisse vraiment vous dire ce qui sera fait.
Chez nous, le bijou ne quitte pas le 7e. L'atelier est derrière la boutique, Arthur travaille le métal, Alexandre reprend les sertis, et vous parlez directement à ceux qui vont intervenir. Cela change trois choses concrètes : le délai se compte en jours plutôt qu'en semaines, on vous montre ce que l'on va faire avant de le faire, et on sait réparer une pièce parce que l'on sait la fabriquer. Vous pouvez voir les gestes en détail sur la page de l'atelier.
Nous réparons aussi les bijoux qui ne viennent pas de chez nous. C'est même la majorité de ce qui passe sur l'établi.
Venir avec votre bijou
Le plus simple est de passer à la boutique, au 75 avenue Jean Jaurès, dans le 7e, sans rendez-vous. Nous regardons la pièce devant vous, à la loupe, nous vous disons ce qui est possible, ce que cela demande de temps et ce que cela représente. Le devis est gratuit et sans engagement : vous repartez avec la réponse, que vous décidiez ou non de nous confier le travail.
Si votre projet dépasse la simple réparation, une transformation, une remise en état complète, plusieurs pièces à voir ensemble, mieux vaut prendre rendez-vous. Nous vous recevons au calme, le temps qu'il faut.
Apportez votre bijou à l'atelier, nous vous dirons franchement ce qui peut être fait.
Prendre rendez-vousÉcrit par Alexandre et Arthur, deux frères, joailliers à Lyon depuis 1989. Alexandre sertit les pierres et dessine les modèles, Arthur travaille le métal, le soude et le polit. Tout se fait à quatre mains, dans leur atelier du 7e.
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