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Or blanc ou or jaune : ce qui change vraiment, et ce que personne ne dit avant l'achat

Or blanc ou or jaune : lequel choisir pour sa bague

Il n'y a pas de meilleur or, mais il y a une différence que l'on découvre souvent trop tard : l'or blanc demande un rendez-vous tous les deux ou trois ans, l'or jaune ne demande rien. C'est presque tout ce qu'il faut savoir pour trancher. Le reste tient en trois questions : ce que vous portez déjà, ce qu'il y a comme pierre sur la bague, et l'entretien que vous acceptez. Voici comment nous les posons à l'atelier.

L'or blanc n'est pas blanc

L'or est jaune par nature, toujours, et rien ne peut le rendre blanc. Ce que l'on appelle or blanc est donc un or jaune allié à des métaux clairs, chez nous, du palladium, sans nickel. Le résultat n'est pas blanc : c'est un gris pâle, légèrement chaud, plutôt joli du reste.

Pour obtenir le blanc froid des vitrines, on recouvre ensuite la pièce d'une fine couche de rhodium, un métal de la famille du platine, très blanc et très dur. Ce que vous voyez sur une bague en or blanc, c'est cette couche.

Et une couche s'use. Sur une bague portée tous les jours, contre les objets et les surfaces, elle s'estompe en deux à trois ans, d'abord sur le dessous du jonc et sur les arêtes. La pièce paraît alors jaunir : elle ne jaunit pas, elle laisse simplement apparaître son alliage. On la repolit, on la rhodie de nouveau, et elle repart pour un tour. 

Ce n'est pas un défaut de fabrication, c'est le fonctionnement normal de la matière. Mais autant le savoir avant d'acheter qu'après.

Or blanc ou or gris, est-ce la même chose ?

Dans le commerce, les deux mots désignent la même chose et s'emploient l'un pour l'autre. Techniquement, l'or gris est le nom juste de l'alliage, et l'or blanc désigne ce même alliage une fois rhodié.

Ce qui sépare vraiment les trois ors

  Or jaune Or blanc Or rouge
Composition en 18 carats 75 % d'or, argent et cuivre 75 % d'or allié au palladium, sans nickel, puis rhodié 75 % d'or, cuivre dominant
Entretien Aucun, hors nettoyage Repolissage et rhodiage tous les 2 à 3 ans à partir de 25€ Aucun, hors nettoyage
Évolution dans le temps Stable Le gris chaud de l'alliage réapparaît quand le rhodium s'use Se patine légèrement, souvent joliment
Avec un diamant très blanc Contraste chaud La monture s'efface devant la pierre Contraste marqué

Sur la question du teint de peau, souvent avancée, soyons honnêtes : elle est réelle mais bien moins déterminante que ce qu'on lit. Deux choses pèsent davantage, et ce sont elles que nous regardons en premier.

Les trois questions qui décident

Que portez-vous déjà ?

Une montre, une chaîne, des boucles portées tous les jours, une bague héritée. Un bijou seul de sa couleur au milieu d'une main et d'un poignet d'une autre couleur se remarque, et pas toujours comme on l'espérait. C'est la question la plus simple, et c'est aussi celle qui règle le plus de cas.

Quelle pierre porte la bague ?

Ici, il y a une vraie logique de joaillier. Un diamant très blanc est mieux servi par une monture blanche, où le métal s'efface au lieu de réchauffer la pierre. À l'inverse, un diamant qui tire légèrement vers le chaud paraît plus blanc dans une monture jaune, par simple contraste. Quant aux pierres de couleur, une émeraude, un saphir, un grenat, elles sont très souvent plus belles en or jaune, qui les fait respirer.

Quel entretien acceptez-vous ?

C'est la question la plus concrète des trois. Si vous voulez un bijou que l'on oublie au doigt et que l'on ne regarde plus, l'or jaune ou l'or rouge sont plus tranquilles. Si vous tenez au blanc froid, il faut accepter le rendez-vous tous les deux ou trois ans. Ce n'est pas une contrainte lourde, à condition d'y avoir consenti.

Le conseil de l'atelier

Ne choisissez pas sur un écran. Aucune photo ne rend la chaleur d'un or jaune ni la froideur d'un rhodium, et les éclairages de vitrine faussent tout. Venez essayer les trois ors à la lumière du jour, au doigt, à côté de la montre et des bijoux que vous portez déjà. En deux minutes, la question est réglée, et le plus souvent pas dans le sens que l'on croyait.

9 carats ou 18 carats

Le carat mesure ici la teneur en or, à ne pas confondre avec le carat qui pèse les pierres. Un or 18 carats contient 750 millièmes d'or pur, soit 75 %. Un or 9 carats en contient 375 millièmes, soit 37,5 %, donc moins de la moitié.

Cet écart se voit et se sent. Le 9 carats donne un jaune plus pâle et plus terne, il contient beaucoup plus de cuivre et d'argent, donc il réagit davantage à la transpiration et aux produits. Il est plus dur, ce qui le raye moins, mais aussi plus cassant, ce qui le rend plus difficile à réparer et à mettre à taille.

Nous ne travaillons que l'or 18 carats, en jaune, en blanc ou en rouge. Ce choix a un coût, et nous l'assumons : une alliance en 18 carats contient deux fois plus d'or qu'une alliance en 9 carats, et elle demande le même nombre d'heures de travail à la main. Ce qu'elle offre en retour, c'est une couleur qui ne bouge pas, et une pièce qui se répare, s'ajuste et se transforme toute sa vie plutôt que de finir dans un tiroir.

Faut-il assortir l'alliance à la bague de fiançailles ?

La question se pose parce que les deux bagues finissent au même doigt. La bague de fiançailles est celle de la demande, portée seule d'abord et presque toujours ornée d'une pierre. L'alliance est celle de la cérémonie, et vient se poser contre elle pour ne plus la quitter.

Esthétiquement, rien n'oblige à les assortir, et les mélanges assumés sont souvent les plus jolis. Techniquement, il y a tout de même un point à connaître : deux anneaux qui se touchent s'usent l'un contre l'autre. Deux ors 18 carats ont des duretés voisines et cohabitent sans problème. En revanche, si l'une des deux est rhodiée et l'autre non, le rhodium s'use plus vite à l'endroit du contact, et le rattrapage arrive plus tôt.

C'est aussi pour cette raison que nous conseillons de penser les deux bagues ensemble quand c'est possible, même si elles arrivent à des moments différents. Nos alliances et nos bagues de fiançailles sont présentées séparément, mais elles se dessinent souvent dans la même conversation.

Voir les trois ors côte à côte

Nous fondons, forgeons et sertissons les trois ors dans notre atelier du 7e arrondissement, derrière la boutique. Cela veut dire que nous pouvons vous montrer les trois couleurs sur des pièces réelles, dans la largeur et le fini qui vous intéressent, et pas seulement sur un nuancier.

Pour un projet dessiné pour vous, la couleur de l'or se décide au moment du croquis, avant la modélisation et bien avant la fonte. Vous pouvez lire comment se déroule ce parcours sur notre page création sur-mesure.

Venez comparer les trois ors à la lumière du jour, au 75 avenue Jean Jaurès.

Prendre rendez-vous

Écrit par Alexandre et Arthur, deux frères, joailliers à Lyon depuis 1989. Alexandre sertit les pierres et dessine les modèles, Arthur travaille le métal, le soude et le polit. Tout se fait à quatre mains, dans leur atelier du 7e.

Découvrir l'atelier

À lire aussi

FAQ

Quelle différence entre l'or blanc et l'or gris ?

Aucune dans le commerce, où les deux mots s'emploient l'un pour l'autre. Techniquement, l'or gris désigne l'alliage lui-même, un or jaune mélangé à des métaux clairs, dont la teinte est un gris pâle légèrement chaud. L'or blanc désigne ce même alliage une fois recouvert d'une fine couche de rhodium, qui lui donne son blanc froid. Chez nous, l'or gris est toujours rhodié : c'est ce qui lui donne le blanc que l'on attend d'une bague en or blanc.

Pourquoi une bague en or blanc jaunit-elle avec le temps ?

Elle ne jaunit pas, elle se découvre. La couche de rhodium qui lui donne son blanc s'use au contact des objets et des surfaces, d'abord sous le jonc et sur les arêtes, et laisse apparaître la teinte naturelle de l'alliage, plus grise et plus chaude. Sur une bague portée tous les jours, cela se voit au bout de deux à trois ans. Un repolissage suivi d'un nouveau rhodiage lui rend son aspect d'origine.

À quelle fréquence faut-il rhodier une bague en or blanc ?

Tous les un à deux ans pour une bague portée quotidiennement, beaucoup moins souvent pour un pendentif ou des boucles d'oreilles, qui frottent peu. Le rythme dépend surtout de votre usage : une main qui travaille use la couche plus vite. C'est un geste rapide, qui s'accompagne en général d'un repolissage et d'un contrôle des sertissages. Comptez à partir de 25 euros.

Faut-il choisir de l'or 9 carats ou de l'or 18 carats ?

L'or 18 carats contient 75 % d'or, le 9 carats à peine plus de 37 %. Le second est plus pâle, réagit davantage à la transpiration parce qu'il contient beaucoup plus de cuivre et d'argent, et se répare moins bien parce qu'il est plus cassant. Pour une pièce que l'on portera toute une vie et que l'on voudra ajuster ou transformer, le 18 carats est le bon choix. C'est le seul or que nous travaillons.

L'or blanc coûte-t-il plus cher que l'or jaune ?

À poids et à titre égaux, l'écart tient surtout aux métaux d'alliage et à l'étape de rhodiage, qui ajoute du travail. La différence à l'achat reste modérée. Ce qu'il faut plutôt regarder, c'est le coût sur la durée : une bague en or blanc portée tous les jours demandera un repolissage et un rhodiage tous les deux ou trois ans, ce qui n'est pas le cas d'un or jaune.

Peut-on porter une alliance en or blanc avec une bague de fiançailles en or jaune ?

Oui, et le mélange des ors est aujourd'hui parfaitement assumé. Un point technique mérite d'être connu : les deux anneaux se touchent en permanence et s'usent l'un contre l'autre. Si l'une des deux bagues est rhodiée, le rhodium disparaîtra plus vite à l'endroit du contact, et il faudra la reprendre un peu plus tôt. Rien de grave, à condition de le savoir.

L'or blanc contient-il du nickel ?

Pas chez nous. Le nickel a longtemps servi à blanchir l'or, et il provoque des réactions cutanées chez une partie de la population. Notre or blanc 18 carats est allié au palladium, sans nickel. Si vous êtes sensible aux métaux, dites-le nous avant la fabrication : nous vous détaillerons la composition de l'alliage.